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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 22:44

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Essaouira ou « la bien dessinée » est une ville portuaire sur la côte atlantique du Maroc. Dotée de nombreux atouts, elle exerce un véritable charme sur les gens qui la visitent.

HISTOIRE



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Le lieu aurait servi de poste avancé sur la route du Sud aux carthaginois et de comptoirs. Dès fouilles archéologiques ont permis de dater la présence des phéniciens. Les phéniciens y auraient pris position sur l’Ile de Mogador (à un km de la ville) à titre occasionnel : l’île servait d’escale vers l’Afrique noire.

Les berbères y étaient déjà présents (royaume berbère) mais les romains transforment la région en province romaine de Maurétanie tingitane.

On retrouve des traces de présence à la fin du VIIème siècle av. J.-C., au VIème siècle av. J.-C, puis au IVème et IIIème siècle, puis au Ier siècle av. J.-C. durant le règne de Juba II dans le royaume.

Le comptoir retrouve son plein essor vers le IVème siècle.

Mais au Moyen Age, ceux sont les marins portugais qui découvrent le réel avantage que possède la ville. AU XIVème siècle, ils transforment la ville en « Mogador » (probable déformation du nom du saint local, « Sidi Mogdoul ») et font d’elle un important comptoir commercial.

Ils construisent un port au XVIème siècle, très utile pour l’exploitation de la canne à sucre) ainsi que des remparts. La ville devient une vraie forteresse.


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En 1764, le sultan Mohammed Ben Abdellah décide de construire une base navale. Il en confie ainsi à Théodore Cornut, un architecte français, disciple de Vauban, la réalisation ainsi que de celle d’une ville nouvelle, la casbah ou médina. Il s’y attèlera pendant trois ans.

La ville suit un plan très régulier (de larges avenues rectilignes), elle mérite bien le nom d’Essaouira, « la bien dessinée ».

Arabes, berbères, juifs et européens vivent en communauté.

Entre temps en 1844, les français prennent la ville à la suite d’un bombardement.

Au XIXème siècle, la ville connaît un véritable essor commercial surtout grâce à une importante communauté juive, aux nouveaux bourgeois marocains attirés par les produits venant de l’extérieur (bijoux, or, épices, esclaves…). La ville est surnommée alors « le port de Tombouctou ».

Les juifs quittent la ville au milieu du XXème siècle.

La ville connaît par la suite un déclin pendant le protectorat. En effet, d’autres ports plus grands que celui d’Essaouira sont plus utiles dans le pays : Tanger, Casablanca ou Agadir. Les eaux peu profondes du port de la ville ne permettaient pas l’abordage de plus grands navires.

A l’indépendance, la ville reprend son nom d’Essaouira.

Cependant, dans les années 90’s, la ville renaît grâce au tourisme et à l’élan culturel qui l’envahit, mais c’était déjà le cas dans les années 60’s grâce à l’engouement de diverses personnalités pour le lieu comme Jimmy Hendrix ou Cat Stevens.

La ville est aujourd’hui chef-lieu d’une province de 500 000 habitants.


GÉOGRAPHIE



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Située sur la côte atlantique, la ville connaît un climat quasi-printanier toute l’année (de 18° à 28°C.). Les journées sont chaudes mais les nuits sont fraiches. L’influence de l’océan est perpétuelle.

Le vent (les alizés) y est toujours présent, ce qui ne peut faire que le bonheur des personnes adeptes des sports nautiques (surf, planche à voile...).

Les oueds de la région permettent la culture des oliviers, thuyas et arganiers. Ces deus derniers arbres sont très réputés et spécifiques à la région.

Le thuya est un bois utilisé dans la région par les marqueteurs.

L’arganier, quant à lui, donne une huile dont les propriétés sont très utilisées en cosmétologie adoucissant et régénérant).


PATRIMOINE CULTUREL


La ville célèbre la culture et l’art.

La mixité des différentes religions qui se sont côtoyées tout au long des siècles (juifs, chrétiens, musulmans) derniers a fait d’Essaouira une ville cosmopolite.

Mais Essaouira possède les traditions et cultures de 2 grandes tribus :
- Les « chiadma » au nord, arabophones
- Les « « hahas » au sud, bébérophones.

La ville est connue grâce à sa culture « Gnaoua ». Mais il y a différentes autres cultures qui influencent la ville.

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La culture gnaoua



Les gnaouas descendent de Sidna Bilal, un esclave noir affranchi par le prophète et converti à l’Islam. Il a été le premier muezzin de l’histoire de l’Islam (il appelait à la prière).

Les gnaouas sont regroupés en confrérie dans la Zaouïa à l’ouest de la ville.

La musique gnaoua (avec les tambours, « tbals », les crotales, « qraqeb » et le luth, « guembri ») et la danse plutôt acrobatique gnaoua sont considérées comme profanes dans le pays.

En effet, la musique gnaoua est une musique de transe, de possession. Elle raconte l’histoire des gnaouas. Il y a justement une nuit, la « lila », qui guérit les « possédés ».Les musiciens invoquent le saint (chaque saint a sa couleur et ainsi chaque groupe musical) et l’encens délivre une atmosphère particulière.

Tous les ans s’y déroule le festival des musiques gnaouas. Les artistes sont nombreux à venir participer à la fête.

Elle accueille d’ailleurs le festival Gnaoua tous les ans.

La culture Haha



L’ « ahouach » est un poème (« amarg» ) chanté et dansé. Il est accompagné d’un instrument à corde unique le « ribab » et d’un à percussion, « le nakos.

Ceux sont les berbères noirs du XVIème siècle qui chantaient ces poèmes lorsqu’ils travaillaient dans les sucreries proches.

La culture Regraga



Les berbères regraga sont des chiadma. Ceux sont les descendants des 7 saints de l’Islam chargés de répandre l’Islam par le Prophète.

Chaque année a lieu un pèlerinage de 44 lieux saints (en mars et avril), c’est le printemps des regragas.

Ils sont connus et attendus pour apporter la chance (baraka) aux paysans pour les fruits de la terre et de l’océan.

Leur tournée à travers a région est populaire et offre à la population des spectacles (danses avec les chikhates et chants berbères avec l’aita). Elle se termine à Sidi Messaoud Boutritiche en moussem.

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La culture Aïssawa



C’est Sidi Ben Aïssa qui est à son origine à Meknès (XVIème siècle). Les chants sont des poèmes « dikr » soufis chantés au son des percussions (guembri, bendir et haubois).

La culture Hamadcha



Créée par Sidi Ali Ben Hamdouch au XVIIème siècle, elle est assez semblable à celle des aissawas. La seule particularité est que certains adeptes de ce style rentrent dans un tel état de transe qu’ils s’automutilent au son de la musique. Âmes sensibles s’abstenir.

Tous les groupes hamadchas du Maroc se regroupent à Essaouira chaque année.


PATRIMOINE ARTISTIQUE

TOURISME



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La ville a su s’adapter à l’affluence touristique en aménageant le front de mer de grands hôtels et de résidences de luxe.

Une station balnéaire est prévue comportant des hôtels, des villas et appartements, 2 golfs, des équipements sportifs et un parc immense.

L’aéroport a été également réaménagé.


La médina

La casbah était le lieu de résidence du sultan et de l’administration.

Située face à l’Océan, la médina est entourée de remparts.


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Les touristes peuvent se balader sur une longue et ancienne batterie ((200 mètres de long) où sont alignés les célèbres canons portugais qui protégeaient la ville des attaquants venus par l’océan. C’est la « Sqala de la Casbah ». Orson Welles y tourna son film « Othello » en 1952. Le panorama sur la baie est magnifique.

De là, on peut aller flâner à l’intérieur de la ville. Dans les grandes avenues rectilignes, on découvre l’artisanat local (travail du bois, du cuir, du cuivre…) et les riads qui offrent leur hospitalité.

Les portes (Bab Doukkala, Bab Marrakech) permettent aux alizés de rafraîchir les lieux.

La ville compte 4 marchés : aux poissons, aux épices (Souk Attarine), aux grains et la brocante traditionnelle.

En 2001, la médina, de part son architecture, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.


Les plages d’Essaouira

Elles sont immenses et très réputées pour être le lieu de pratique de grands sportifs nautiques (windsuf, kitesurf) qui aiment à venir s’exercer sur les spots de l’Océan Atlantique.
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D’ailleurs, la coupe du Monde de kitesurf y est organisée chaque année. Et de nombreuses écoles ont ouvert leurs portes pour toutes les activités liées au vent.

De nombreuses criques escarpées se révèlent le long du rivage. Et la corniche en front de mer assure un réel moment de détente.


Musées

La ville abrite de nombreux musées et galeries relatant l’histoire de la ville (tradition, architecture, patrimoine…) :

- Le musée Sidi Mohammed Ben Abdallah (armes, bijoux, tapis…), fondé en 1980 ;
- La galerie Frédéric Damgaard (peintures des artistes locaux)
- Espace Othello
- Gallerie Bab Sbaa
- Bastion Bab Marrakech, un des vestiges de l ‘histoire…

 

 

Festivals



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La ville accueille 4 festivals chaque année :

- Le printemps des alizés est un festival de musique classique, lyrique (avril-mai)
- Le festival de la musique gnaoua (juin)
- Le festival des jeunes talents (août)
- Le festival des Andalousies (musique andalouse, octobre-novembre)


A l’extérieur de la ville

La région offre aussi de merveilleux sites à visiter. Comme la plage de Sidi Kaouki à 25 km de la ville qui offre un panorama naturel idéal pour les amateurs de surf. Ou la plage de Moulay Bouzerktoun.

Les iles purpuraires, tout au long du littoral, protègent la ville de la fureur de l’océan. Elles ont protégées car elles abritent des espèces protégées et toute visite nécessite autorisation préalable des autorités.


L’ARTISANAT



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La marqueterie

Essaouira est connu pour le thuya. Ce bois est idéal pour la marqueterie. Les artisans de la ville s’en servent pour faire de très jolis objets en bois aux dessins typiquement hispano-mauresques (la « khotta ») : échiquiers, boites, des tables, des coffres….

Les artisans y incrusteront ensuite à leur gré d’autres types de bois comme l’ébène ou de la nacre, du cuivre…

Le complexe artisanal de Bab Marrakech est le lieu idéal pour venir voir le travail des artisans. La coopérative peut aussi être visitée.



L’orfèvrerie

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Elle a pour origine la culture Haha. Les bijoux sont souvent des porte-bonheurs ou des objets protecteurs.

Des écoles apprennent les techniques (filigrane, niellé, ciselé…) et le style dit souiri.

La tapisserie

La région est très connue pour la fabrication traditionnelle de tapis de qualité. En effet, déjà dans les ruelles de la ville, on peut voir le travail de la laine (démêlage, séchage, filage).



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Autres

Les artisans de la région travaillent sur tous les types de matériaux (argent, cuivre, bronze…) pour la ferronnerie, la dinanderie, la poterie…

Les touristes s’en donneront à cœur joie pour leurs achats dans les différents quartiers de la ville (chandeliers, cadres….) : au quartier juif (Mellah), quartier des forgerons (Hadada) ou des bijoutiers (Syvaghine).

 

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Published by Maria El Aïssi - dans Culture générale
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